Lundi 30 juin 2008
C'est amusant de voir comme une absence peut provoquer une attente de plus en plus forte. Comme si le manque créait de nouveaux besoins, plus forts peut être, mais pas toujours plus exigeants. A la base, ce billet n'était pas prévu, c'est une pure improvisation que vous m'avez inspiré en commentant avidement (tout est relatif avec mes 3 visiteurs par jour) ma dernière note. Note qui est fort mauvaise, en plus de faire de la mauvaise pub. Et je me suis dit que c'est vrai que lorsqu'on déserte quelqu'un, quelque chose, une relation ou un lieu... le retour est toujours plus grisant.

C'est surtout vrai dans les relations, quelles qu'elles soient, car après tout ne plus voir quelqu'un que ce soit volontaire, involontaire, suite à un malentendu, fortuit, pour un long moment ou un bref instant, alors qu'on a cet envie de partager quelque chose avec lui, c'est souvent s'exposer à cette frustration, ce manque qui rend toujours des retrouvailles irréelles, intemporelles... magiques.

Comme en ce moment je suis encore un peu faible pour écrire correctement, autant prendre des exemples. C'est bien les exemples et ça vous donne l'impression que je vous parle de moi... en plus ça tombe bien, des exemples j'en ai deux.

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Béatitude du lectorat
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Ces derniers temps j'étais un peu inquiète, je n'avais aucune nouvelle de ma meilleure amie, je ne savais pas quand elle était sensée arriver en France, si elle venait toujours. Elle n'était pas sur MSN, ne répondait pas sur Facebook, ni même au téléphone (dieu bénisse les FAI soucieux des amitiés lointaines). L'angoisse tout d'abord. Aurai-je dit quelque chose qui l'a blessée ? Est-elle malade ? Est-elle morte ? C'est le problème lorsqu'on habite à plus de 8000 kilomètres, on sait que la famille ne pensera pas immédiatement à nous tenir au courant d'un éventuel problème... alors que d'autres, plus près mais moins proches le sauraient instantanément. Et finalement hier soir, miracle ! joie ! allégresse ! Le "ting" particulier d'MSN m'annonce qu'elle est là ! On a discuté, elle m'a comprise, on a ri, on a pleuré... on a passé 5 heures à discuter et rattraper le temps perdu. Planifiant sa venue. Rien de palpitant, rien de grand. Un simple moment de partage comme il en existe tant, mais que son absence m'a rendu beaucoup plus précieux, et qui m'a mise d'excellente humeur. Suffisamment en tout cas pour écrire aujourd'hui.


Ma seconde expérience en la matière sera plus succinte et plus anonyme. Après des semaines de tensions, des soirées de tristesse et un éloignement progressif... un glissement vers l'amertume et le remord, passer quelques heures avec celui qu'on aime, sans se prendre la tête, sans s'angoisser, juste retrouver ce qu'on avait l'impression d'avoir perdu pour toujours et oublier pour un temps les regrets. Voilà aussi un de ces moments simples, un des ces moments de partage que l'absence et le manque m'ont rendu beaucoup plus précieux. J'aurai pu tout gâcher, mais non. Il aurait pu tout gâcher, mais non. On s'est retrouvé sans emphase... sans amour non plus... mais avec autre chose.


Je me demande si ce n'est pas cette frustration dans les rapports humains qui les rend si enrichissants. Non que le fait de se voir et de se comprendre, tous les jours, tout le temps, d'être en fusion avec l'autre soit moins profond. Mais voilà qui rend souvent les choses bien moins intenses, et fait perdre à la vie ce piquant qui nous plaît tant.


par So Long publié dans : Théories foireuses communauté : Wild Bloggeuz
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