
Il y a des périodes de la vie, où on se dit
que dans une vie antérieure on a été quelque chose d'horrible, d'hideux, un genre d'Hitler en pire ou un mélange avec Ceaucescu. Je vous laisse imaginer l'odieux personnage. Et pendant ces périodes
que j'appelle très élégamment des retours karmique de sa mère la pute, on a parfois envie de se pendre, de se jeter du haut du Pont des arts ou d'avaler un tube de Trungsten avec une bouteille de
Scotch. Mais ne cherchez pas, avec la chance qu'on a dans ces moments là, toute tentative de suicide est vaine puisqu'elle ne pourra qu'échouer en vous laissant le reste de votre vie respirer au
prix d'horribles souffrances.
Vous penserez que j'exagère. Vous penserez que j'en fais des tonnes. Les afficionados diront même que je ne suis qu'une vulgaire recycleuse de titres de mon ancien blog.
Et pourtant. Laissez-moi vous narrer
la merveilleuse histoire de So Long la poisseuse.
Tout commence il y a 10 jours. Tout allait bien, tout était beau, tout était gentil... Mes relations étaient au beau fixe, ma santé aussi malgré la fatigue, mon travail se passait bien. C'était une
So Long heureuse et épanouie qui délaissait son blog.
Et puis il y a eu vendredi. Vendredi j'ai eu mes résultats. J'ai validé. Youpi. Hourra. Sauf une seule matière. Une unique matière. Mais nous y reviendrons. Vendredi soir, après avoir fêté
dignement la chose, je m'endors bienheureuse, une crampe dans la jambe gauche. Samedi matin, auréolée de mon quasi succès, je me rends gaiement au travail, sans prendre en considération la crampe
qui me tenaille toujours.
Je travaille comme une bienheureuse toute la journée, la soirée se passe. La crampe non. Rien qu'un peu de drogue ne saurait soigné.
Dimanche matin, la douleur est plus intense, je marche à peine, et me décide à aller à l'hôpital au cas où. Juste comme ça. Après cinq heures aux urgences qui m'ont valu d'être couronnée patiente
la plus charmante et souriante de l'été, on me découvre une maladie de sang qui a formé un délicieux et douloureux caillot sanguin dans une veine du mollet. Rien que quelques anti-coagulants ne
sauraient soigner.
Arrêt maladie, analyses, rendez-vous chez divers médecin de la Capitale. Je vous passe les problèmes pour trouver les bons médicaments, la station couchée obligatoire et tous les autres
désagréments. Mardi, les analyses sont mauvaises. Vendredi les analyses sont mauvaises. Mais j'ai le droit de me lever et de marcher. Même. Parfois. Pas trop. Un peu.
J'essaie de profiter de mon arrêt maladie pour voir des gens (à domicile), pour faire mon ménage et retrouver des habitudes de vie presque saine desquelles ne sont bannis ni l'alcool (anti-douleur
naturel) ni la drogue (anti-coagulant naturel). Bref, So Long vit bien la chose, peu important que son week-end dans le sud prévu de longue date soit tombé à l'eau en raison d'une interdiction
absolue de prendre l'avion ou de faire de longs trajets en voiture.
Et samedi, So Long reçoit la copie qui lui vaut de passer son mois de septembre à la Fac. Elle se rend compte qu'entre la première et la seconde correction, sa note à été divisée par deux... Elle
reste zen. Les aléas de la correction... c'est pas si grave, septembre c'est un mois pourri de toute façon...
Le week-end se passe.
Hier, lundi 14 juillet, date bien connu des parisiens puisqu'elle sonne la mort de toutes les commodités que nous apprécions tant le reste de l'année (vacances obligent), votre So Long sort de sa
douche. Constate que les plombs ont sauté. Peste. S'aperçoit qu'une fois de plus la résistance de son chauffe-eau est morte, et qu'elle va devoir se laver à l'eau froide.
Peste. Rage. Ire et désespoir.
Lundi soir, hier, 14 juillet, So Long s'aperçoit qu'une personne qui lui est chère, très chère, a décidé de la rayer de sa vie sans la moindre explication.
Tristesse.
Ce matin, So Long sent une vague douleur dans la poitrine... Probablement l'angoisse de ces derniers jours. Mais So Long ne se laisse pas abattre, So Long appelle ses proprios pour savoir quand
est-ce que son chauffe-eau (fort utile au quotidien) sera réparé. Elle entend cette réponse fantastique :
"Nous sommes en vacances, donc débrouillez-vous et trouvez quelqu'un pour réparer."
Merci. Tant qu'on y est, quand est-ce que vous réparerez mon parquet que vous avez foutu en l'air à votre dernière visite ? Ce n'est pas que je m'arrache les pieds quand je marche dessus, mais un
peu quand même.
"Oh ! C'est pas très grave, vous n'avez qu'à mettre un petit tapis dessus, ça nous arrange pas de réparer."
Colère. Rage. Ire et désespoir.
Mais So Long reste optimiste, So Long croit à l'existence d'une justice dans ce monde... mais non. So Long a toujours son point dans la poitrine qui l'oppresse.
Coup de téléphone au médecin... réponse adorable :
"Arf... c'est soit une crise d'angoisse larvée, soit une embolie pulmonaire, passez ce soir, on va regarder ça".
Joie. Bonheur.
So Long, what else ?
Libres Penseurs