Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /2008 13:00

Parmi mes nombreuses habitudes de fille, il en est une que je ne peux jamais laisser de côté, c'est le debriefing post-rencard. C'est toujours l'occasion de fous rires, de mise en place de stratégies, et autres considérations hautement métaphysiques sur les performances, moyens de gérer l'embryon de relation et autres.

D'ailleurs, avec la Pitchoune, j'ai obligation de lui envoyer un texto après chaque coït pour qu'elle sache que dans les heures qui suivent elle devra me supporter pendant quelques heures au téléphone. Et inversement. En substance, le texto dit toujours la même chose : "J'ai baysay".

Et là, deux solutions s'offrent à nous. Soit je lui ai déjà parlé du jeune homme avant, auquel cas on passe tout de suite aux choses sérieuses, soit je ne l'ai pas fait et je me dois de lui faire une présentation succincte avant. Oui, il y a des codes dans ce genre de pratiques et il ne faut jamais déroger à la règle, ou alors ce pourrait être catastrophique. Par exemple je pourrais commettre un impair impardonnable sans le soutien inconditionnel de la copine en cours de debriefing. Je pourrais appeler le monsieur en question et l'appeler mon "Choubidou d'amour" la bouche ensuquée et la voix pleine de trémollos (tremolli ?), ce qui nous sommes bien d'accord pourrait être particulièrement mal venu. Surtout si le jeune homme en question est marié avec trois enfants et a omis de me le signaler au hasard d'une conversation.

Cependant, il est des situations où on ne peut pas décemment faire appel à l'équipe de choc qui nous soutient toujours dans ces moments à haute tension. Soit que le jeune homme est par trop connu, soit que la situation ne s'y prête pas. Mais la pire des raisons est sans doute celle qui veut que la copine en question a un concept particulier de la vie privée. Du moins de celle des autres, la sienne restant farouchement protégée, comme si l'article 9 du Code Civil était tatoué sur son cul front. Il faut alors mettre au point une stratégie de repli qui permet à la fois de partager malgré tout ses secrets de fille, mais aussi d'éviter que ceux-ci soient divulgués trop rapidement.


C'est là que commence à germer le concept des cases hermétiques, des catégories, et de "l'exclusivité". Ce concept est simple, il suffit d'avoir plusieurs groupes d'amis qui jamais - ô grand jamais - ne doivent se croiser, se rencontrer ou même avoir l'idée de l'existence de l'autre (si ce n'est lorsque j'en dis du mal ou ait à m'en plaindre). On peut aussi appeler ça le fait de ne pas mettre ses oeufs dans le même panier, entretenir son jardin secret,... mais c'est que le jardin secret ne sera pas le même selon que l'on est avec X ou selon que l'on est avec Y. On touche alors à un certain équilibre qui rend parfois notre vie sociale plus facile.

Seulement il faut bien avouer que ce type de fonctionnement n'est pas sans faille. Imaginons que par mégarde les deux mondes se rencontrent. Le choc pourrait avoir l'effet d'une bombe. Les plus optimistes diraient que le Big Bang a permis la création de l'univers. Mais moi je vous répondrais que dans Armageddon, le choc est supposé détruire toute vie connue...


Si la marche est une succession de déséquilibres, la sociabilisation nous fait avancer drôlement vite.
Par So Long - Publié dans : So Long in the city - Communauté : Wild Bloggeuz
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