
Toute ma vie j'ai rêvé d'être une hôtesse de
l'air, avoir les fesses en l'air, et la tête dans les étoiles. Au lieu de ça, me voilà bloggeuse, la tête dans le cul et les fesses par terre. C'est la faute à.... Je fais des ronds dans l'eau,
c'est la faute au foie de veau (de la Pentecôte).
Tiens, parlons-en de la Pentecôte... selon mes lointains souvenirs, c'est la visite du Saint Esprit aux Apôtre... en voilà encore qui ont abusé des substances hallucinogènes, mais nous ne le
dirons pas. C'est mal d'aimer les Évangiles Apocryphes. Nous ne le dirons jamais assez.
D'un autre côté, demain, c'est d'abord la fête de l'Europe et non pas encore la Pentecôte. Alors franchement, on va pas chipoter sur le calendrier, de toute façon vous êtes tous en week-end, et
vous n'en avez que faire de mes révélations sur la personne qui tient ce blog (de merde). Parce que oui, entre ce brave Thierry, ce con d'Arnaud, et cet enfoiré de X. (il a même pas eu le cran de
donner son nom... tsss), je pourrais aussi bien être une chèvre gratinée au soleil de Punta Cana, cela n'aurait que peu d'importance.
C'est bien dommage, parce que si je ne suis pas gratinée par le soleil, je suis un peu une chèvre. Enfin, presque. Disons que je le deviens, et c'est peu dire. Pauvre Géraldine ! Oui, pauvre de
moi ! J'essaie de faire quelque chose de drôle, de ludique, t'interpellant pour vous dire toute la vérité sur So Long, et je me perds dans toutes mes identités ne sachant plus démeler le vrai du
faux, mélangeant mes multiples identités, trop nombreuse pour mon cerveau embrumé.
Alors reprenons. Pas à pas. Minutes par minutes. Je suis le Jack Bauer de So Long and Co, avec des seins et sans poil. Mais c'est une autre histoire. Le verbe s'accorde avec le sujet, et le
participe passé avec le COD lorsqu'il est placé avant le verbe. J'en perds mon latin, je ne sais même plus conjuguer au féminin. Et encore moins conjurer le masculin. On s'y perd, on se mélange,
mais qu'est-ce qu'on se marre. Parce que moi ce que j'aime avec les blogs c'est qu'on peut être qui on veut, et ça c'est bien. Le premier adolescent boutonneux qui passe peut devenir un jeune
cadre dynamique athlétique, et une bloggeuse modasse pendant des années, peut devenir une connasse parisienne presque pas trop conne, et presque pleine d'humour.. hop comme ça, d'un simple
changement d'URL. C'est merveilleux ! C'est grand ! C'est beau. Allons, emballons-nous un brin pour cette situation presque ubuesque mais tellement vrai. Ce n'est pas un ordre, juste une
prière.
C'est tout ? C'est donc ça ? Pas de Thierry, pas d'Arnaud, pas de X. (cet enfoiré qui n'a même pas eu le cran de donner son nom) ? Ben c'est déjà bien non ? Au moins vous savez que vous n'avez
pas aimé un homme en secret pendant des mois. J'en connais un paquet qui doivent être diablement rassurés. Vous savez aussi que personne n'est mort pendant cette expérience, aucune peluche n'a
été maltraité, et nul animal n'a eu à subir de tests humiliants. C'est le monde des bisounours, sans les nuages aujourd'hui. Vous vous plaignez, vous vous plaignez. Mais quand on doit essayer de
faire croire que : la mode on s'en fout, la beauté on s'en fout, les livres de filles on s'en fout, les restaurants branchouilles on s'en fout... alors que c'est presque toute notre vie, et que
ça a été presque tout votre blog pendant très longtemps, je peux vous assurer que très vite on est à court d'idées ! Alors on essaie de mettre un peu de violence et de sexe. Mais ça n'est jamais
assez bien, ça n'est jamais assez. Tenir son rôle, tenir son rang, c'est bien plus de stress qu'on ne le pense.
Alors on essaie de faire un pseudo revival de son ancien soi bloggesque, on dit qu'ici c'est un blog de fille. Mais qu'on ne se leurre pas, ça ne marche pas. Bouh ! Monde cruel !
Ai-je bu ? Suis-je droguée ? Suis-je définitivement folle ? Nenni mes amis ! Je me libère enfin de ce lourd secret. De ce secret si difficile à porter quand on est une So Long. Quand on n'est
personne.
Bonjour, je m'appelle Géraldine, j'ai 26 ans et je suis bloggeuse.
Ah ! Ca fait drôlement beaucoup du bien. Parce que So Long, c'est même pas un vrai nom. C'est trop nul... même si ça rend bien dans les dédicaces. Vous me direz Géraldine - So Long ; 26 ans - 22
ans.... on s'en fout un peu. Mais farpaitement ! Mais oui ! Mais bien sûr ! Mais dans mes bras mes amis... tout compris vous avez, aurait dit Yoda. Je suis bien contente de voir que vous êtes
sages parmi les sages, grands parmi les grands, intelligents parmi les pauvres d'esprit.
Béatitude.
Soyons sérieux cinq minutes, et cessons un peu ces incessants jeux de mots, qui ne font rire que moi. Quand le lecteur s'énerve, il est temps de redresser la barre pour lui faire monter la
sienne. Pardon. Donc ? Donc. Donc, qu'en est-il exactement de cette/ce So Long que tout le monde espère découvrir, que tout le monde espère connaître et que finalement bien peu ont reconnu. Et
c'est tant mieux. Et c'est bien. Et c'était le but. Mais la question n'est pas de savoir qui est So Long, mais bien plutôt qui est Géraldine (moi pour ceux qui ne suivent pas, oui, toi, là-bas,
dans le fond).
Géraldine, donc moi, c'est une ancienne bloggeuse, de 26 ans. Mais sur mon ancien blog que j'ai fermé il y a maintenant près de deux ans, je ne parlais pas de sexe, je ne parlais pas de violence,
je ne parlais pas de relations... non. A l'époque, j'avais un blog de modasses, mais on n'appelait pas encore ça comme ça. A l'époque en gros, je parlais de vêtements avec des photos tête coupée,
je parlais de maquillage avec des photos de produits, je parlais de films récents avec des photos d'affiches, et je parlais restaurant avec des photos de plats. Bref, j'étais une bloggeuse
consensuelle, qui parlait de l'inessentiel parce que si c'est inutile c'est indispensable. N'allez pas dire que j'étais une bloggeuse inutile, je pourrais me vexer. J'avais mon petit succès
statistique, une "grosse" bloggeuse comme on dit maintenant, pas influente parce qu'improbable, mais quand même... j'envoyais sévère. Et puis comme tout le monde quand on commence à être un tant
soit peu lu, j'ai eu des trolls. J'en ai eu plein. Et puis des méchants, très méchants. C'était dur. C'était pas facile. Ca m'a fait beaucoup de mal. On m'a dit que j'étais creuse, que j'étais
stupide, que j'étais laide, que j'étais... bref. Un jour j'en ai eu marre. J'ai dit stop. J'ai tout fermé, et j'ai disparu de la toile. J'ai continué ma vraie vie, avec mes amis, avec mes amours,
avec mes emmerdes. J'ai vécu. J'ai bien vécu même, pendant plusieurs mois. Et un soir que je discutais avec une amie de l'ancien temps de mon ancien blog, je me suis aperçu que ça me manquait
tout ça, tout cet échange. J'ai passé plusieurs jours à faire une psychanalyse bloggesque, cherchant à comprendre mes erreurs, savoir comment j'avais pu en arriver "là".
Et j'ai décidé de faire tout autre chose. Un premier blog, où je remonterai plusieurs années en arrière (soit 4 pour ceux qui ne savent pas compter) et voir si les choses pouvaient être
différentes. J'ai recommencé à zéro, je n'étais plus Géraldine, j'étais So Long, j'ai gommé les années et j'ai retrouvé le plaisir de blogger. Sans parler de rien fondamentalement, mais en
parlant de tout superficiellement. J'y ai pris goût. J'y ai pris du plaisir.
So Long d'aujourd'hui est-elle différente de Géraldine d'hier ? Peut-être un peu, j'ai pris de l'âge, comme tout le monde. Mais est-elle vraiment une autre personne ? Certainement pas. J'ai juste
choisi un nouvel angle de vue. Et cet angle là me plaît.
Libres Penseurs