
Quand j'ai décidé d'ouvrir ce
blog, je me suis dit dans le dedans du tréfonds de moi-même, on va voir ce que
la blogosphère a dans le ventre. Et
il faut dire ce qui est... J'ai été grandement déçu. J'ai voulu créer un personnage polémique, une espèce de connasse insupportable et imbue d'elle-même, mais malgré ça, tout le monde (ou
presque) la trouve sympathique. J'ai cru un moment être dans un monde de bisounours, mais finalement en regardant ce qui se passait autour, je me suis aperçu qu'en réalité, So Long n'était que
l'exception.
Est-ce à dire que j'ai trouvé la solution miracle pour qu'un personnage de fiction soit à peu près bien admis par tous ? Il semblerait que oui, puisque non contents d'avoir cru à cette histoire
de Thierry et de sa fille, vous avez même applaudit, vous vous êtes émus. J'ai été complètement bluffé par la journée d'hier, je dois l'avouer. Encore aujourd'hui,
j'ai du mal à m'en remettre. Comme quoi il y a un peu d'humanité, même sur le net, et c'est bien souvent dans le mensonge que
se découvre la véritable nature des gens. Et c'est bien là que se trouve la grande surprise, entre vos commentaires, les messages facebook et les mails que j'ai reçus... il y a de quoi donner une
belle leçon à tous mes collègues communicants.
Reprenons cette genèse originale, spéciale, et pleine d'embûches. Je travaille depuis quelques années déja dans le monde fort controversé de la communication. Pour ne pas être reconnu et parce
que certains de mes "collègues" sévissent aussi sur le web, disons que
je m'appelle Arnaud et j'ai 31 ans. C'est
bien Arnaud, et ça change un peu de Thierry. Et je voyais tout le monde s'extasier devant les blogs, ce formidable outil de propagande, cet incroyable petite chose qui rend les gens plus beaux,
et l'argent moins sale.
Je me suis dit bigre. Je me suis dit diantre. Est-ce à dire que l'ensemble de mon métier va désormais se faire à coup de billets, de post et de petites informations glissées ça et là sur la toile
? J'ai laissé courir, et j'ai continué, comme si de rien était, totalement réfractaire à l'idée d'ouvrir mon espace.
Et on a commencé à parler de ces bloggeurs influents, de ces gens qui savent attirer le chaland, et parmi eux bien sûr, il y a des communicants. A l'occasion d'un dîner entre amis, l'un d'eux m'a
expliqué combien c'était simple. Il suffit d'utiliser les mêmes codes que dans nos boîtes, glisser ça et là quelques mots clés, et le tour est joué. On peut même dire après qu'on contribue à
sédimenter la société. J'étais littéralement... abasourdi. C'est donc si simple. Et là j'ai posé la question qui tue :
"Et la relation humaine dans tout ça ?"
Et la réponse ne s'est pas fait attendre :
"T'imagines même pas ce que je me mets sur la bite grâce à ça."
Oui mon ami, il cause bizarre, comme on dit. Enfin ça m'a fait réfléchir, et j'ai décidé de poser mes armes à l'entrée de la blogosphère. C'est donc sans arme, sans haine et sans violence que
j'ai pénétré vierge et pur dans cet antre mal famé. Je m'étais posé deux conditions :
- ne jamais
être moi,
- ne jamais utiliser mes
connaissances du milieu.
Je voulais voir s'il était possible de privilégier un sens relationnel presqu'amical, plutôt qu'un sens communication presque relationnel. L'idée d'être une fille m'est venu assez naturellement,
rien de plus éloigné de moi. Pour le reste, je me suis largement inspiré de la jeune fille qui partage ma vie depuis maintenant deux ans (voilà la preuve que la différence d'âge n'entrave pas une
relation). Et elle m'a suivi tête baissée dans
l'aventure. Elle connait probablement mieux que moi l'ensemble des
péripéties et autres cogitations de notre Mademoiselle So Long, elle s'est tellement investie que c'est presque son blog aussi. Entre son Facebook, sa boîte mail, son adresse MSN et même son
adresse postale... elle a été un alibi parfait. C'est aussi pour ça que
je l'aime.
Alors certes, au bout d'un an, je ne suis pas devenu un influent, puisque ce n'était pas mon but, même si j'aurai aimé pouvoir pavaner devant mon ami en lui disant que : nul besoin d'être un
homme et un bon communicant, pour devenir un influent. Je n'irai pas pavaner devant lui, mais au moins je peux me dire que j'ai réussi les objectifs que je m'étais fixé, et c'est l'essentiel.
(ne le dis pas, mais c'est parce que je supprime tous les messages qui ne sont pas d'amour)