Avouez que vous pensiez dans le dedans de vous-même que vous auriez nul article à vous mettre sous la dent aujourd'hui... Mais il est 22h50, mercredi n'est pas fini, et je peux encore vous
accabler d'une prose approximative aux vertus laxatives.
Alors certes, j'aimerais vous faire plaisir en vous parlant des hommes, ces morceaux de chairs qui nous tiennent chaud sous la couette et nous offre des fleurs. Mais aujourd'hui, je suis
perturbée. Grandement perturbée...
Vous vous souvenez ? Fût un temps je
vous expliquais que pour moi les moches formaient un grand tout
informe que je ne remarquais pas. Et pourtant. Pourtant. C'était avant aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai côtoyé la laideur innommable, je lui ai même parlé. Et là je me suis rendu compte
que j'opérais de moi-même un tri, comme si je devenais aveugle dès lors que la laideur des hommes entrait dans mon champs de vision. Mais non. J'ai fini par ouvrir les yeux. Les hommes vraiment
très (très très) laid, ça existe. Et il y en a même dans ma fac. Théoriquement, je les côtoie tous les jours, mais je ne les vois pas. Je les croise, mais ils n'existent pas. Peut-être même que
parfois je m'assois à côté d'eux, mais je ne m'en rends pas compte.
Aujourd'hui, je n'ai guère eu le choix... un moche (très moche) est venu me parler. J'en ai encore des frissons... je n'ai pas osé le regarder, le regard blanc, le teint livide, luttant contre
l'envie de vomir et la nausée.
J'ai avisé de mon oeil aiguisé des amis (sans -e) au loin. Je leur ai fait un coucou immense, assorti de mon plus beau sourire pour qu'ils viennent me voir. Je ne les ai jamais trouvés aussi
beaux. Alors qu'ils sont quelconques d'habitude. Mais là ils avaient vachement beaucoup du charme, et vachement beaucoup de qualités,... Je les aurais presque trouvés totalement canons pour ne
pas dire baisables.
Alors ça m'a rappelé cette histoire que me raconte souvent ma maman, selon laquelle les Infantes d'Espagne étaient si laides qu'elles se promenaient toujours avec un petit singe sur l'épaule.
Comme ça elles apparaissaient moins laides.
Et bien je peux vous dire que lorsqu'on est confronté à un choc esthétique aussi violent, on trouve tout le monde nettement plus beau. J'ai promené mon regard, et tous ces garçons que je trouve
quelconques d'habitude me sont apparus bien plus appétissants, presque digne de mon intérêt et de mes oeillades.
Alors peut-être que je tiens là un filon, un filon inépuisable... Peut-être que je devrais devenir amie avec un moche, un très moche, un presque monstre, pour finalement devenir moins difficile
et remarquer la manne providentielle qui tombe autour de moi.
J'ai besoin d'y penser.
Mais j'ai aussi besoin qu'on me fasse un fond de l'oeil.
Et pour ceux qui trouveraient que je suis rien qu'une connasse, ils ont grandement raison, mais imaginez bien que je les protège tous ces gens hideux en ne les voyant pas, ils échappent à mon
courroux.