Comme toute princesse célibataire qui se respecte, qui cogite, et qui vibre au rythme de la sensualité trépidante de la
jungle urbaine, votre So Long est pleine d'idées toutes plus discutables les unes que les autres et de théories plus ou moins foireuses.
Je dois bien avouer qu'en ce moment, il y a une question qui me turlupine quelque peu, la question du plaisir et du désir masculin. Et c'est quand j'écris ce genre de phrase que je m'aperçois que
cette catégorie devient de plus en plus l'objet de mes interrogations sur les hommes, qu'un outil pour mieux comprendre les femmes. D'un autre côté, comprendre les femmes, ça devient lassant : tous
ces magazines, ces blogs et ces séries qui sont complètement centrés sur les femmes, leurs envies, leurs plaisirs, leurs emmerdes, personnellement ça a tendance à me gonfler. Oui, je sais, avec moi
le féminisme a du souci à se faire. Or il faut bien retirer quelque chose à Sex and The City, jamais les quatre acolytes ne se posent de réelles question
sur les hommes enfin, sur les hommes en eux-mêmes, pas sur les hommes par rapport à la femme. Alors que c'est tout de même fondamental dans l'évolution d'une bonne relation.
Enfin, si j'en viens à ce problème, c'est parce qu'en ce moment, j'ai quelques étonnements, et comme je sais que mon lectorat actif est essentiellement masculin, je me dis que je peux en parler
dans ces lignes. Car oui, entre les copines qui ne baisent plus parce que leur copain n'en a pas envie, parce que leur copain a la migraine, ou celles qui s'entendent dire : "Oh, tu sais, j'ai
baisé hier, alors t'auras qu'à me sucer". Certaines de mes convictions commencent à être sérieusement ébranlées. Non que je considère les hommes comme des machines à orgasmes qui sont toujours
prêts comme les scouts, mais au-delà de dix jours d'abstinence je me demande ce qui se passe et s'il n'y a pas un problème profond de compréhension. Quelqu'un me disait un jour : "Le sexe appelle
le sexe". Et c'est assez vrai. Mais visiblement pas pour certains hommes. Quand je suis en couple, ou que j'ai quelqu'un "sous la main", il est évident que faire l'amour une fois de temps en temps
ne me suffit pas. A moins qu'il y ait un problème de distance auquel cas on trouve d'autres modes d'expression, mais dormir à côté de l'autre presque sans se toucher, c'est quelque chose que j'ai
du mal à concevoir. Et je ne parle pas là de routine, j'ai du mal à croire que la routine puisse s'installer au bout de six mois, et de toute façon pour moi la routine n'implique pas nécessairement
un manque de sexualité, mais au contraire un manque de jeu et d'excitation... on tomberait davantage dans une sexualité mécanique, entre 23h et 23h15, un petit coup et puis s'en vont, roulant de
son côté. Quelle tristesse !
J'en étais là de mes cogitations, quand j'ai regardé (comme souvent) On n'est pas que des parents, ce matin.
Et le sujet du jour était sur le plaisir masculin. Alors j'ai écouté religieusement. Bon, j'ai rien appris, parce qu'ils ont assez peu parlé du désir. Mais si moi je n'ai rien appris, ils avaient
l'impression de dire des choses qu'aucune femme ne sait. Alors je me demande, les femmes (en général) ont-elles si peu conscience du plaisir masculin ? Ou est-ce encore un blabla de journaliste qui
va au plus simple ? J'ai tendance à considérer cette émission comme un excellent moment télévisuel. C'est le C dans l'air du couple... bref, les
intervenants sont toujours percutants et intelligents, et les dossiers toujours bien montés. Enfin, je suis fan.
Donc voilà, on a longtemps encensé la révolution de la femme qui s'écoute, qui se met en avant, qui est une super-héroïne, et qui doit tout au féminisme. Loin de moi l'idée d'aller contre ce genre
de progrès, mais maintenant que ces avancées là sont gagnées, n'est-il pas temps de réconcilier les couples, de réconcilier les hommes et les femmes et d'enfin commencer à entrevoir la possibilité
d'une harmonie réelle plus que supposée ? Bon, j'en sais rien, je ne suis ni sociologue, ni sexologue, mais cela n'empêche pas de s'interroger. Car quoiqu'on en dise, le féminisme a fait beaucoup
de mal aux femmes. Je me rappelle de ce livre de Penolope Lively que j'avais beaucoup aimé, Les nouvelles 1001 nuits (enfin, je ne suis pas sure du titre,
je l'avais lu en anglais) où l'auteur s'amuse de voir combien la femme moderne est torturée entre ses devoirs de femme, et ses envies de princesse - très grossièrement résumé. Si les hommes, pas
plus que les femmes, ne sont pas des objets, ne faut-il pas chercher à savoir quelle subjectivité est à l'oeuvre dans les rapports homme - femme ? Et quand un magazine commence à s'interroger sur
le plaisir masculin, de façon tout à fait pertinente, est-il normal qu'il n'y ait pas de femmes sur le plateau ? Diantre ! la sexualité se vit à deux que je sache.
Malgré tout, il est certain qu'il faut mettre fin aux stéréotypes du plaisir : l'homme machine, l'homme pulsion, l'homme phallocentré ; et à l'inverse la femme sensible, la femme désir, la femme
clitoridienne. Mais ces stéréotypes sont-ils vraiment ancrés chez les femmes ? Et les hommes ne cherchent-ils pas, eux aussi à imposer des stéréotypes, mettre une barrière entre leur désir, leur
plaisir, leurs fantasmes et leur jouissance ? De la même manière que les femmes pendant des années (des siècles ?) ont du prendre sur elle sans admettre qu'elles aussi avaient des envies, qu'elles
aussi souhaitaient prendre du plaisir, et que non, la procréation ne suffit pas à être épanouie. Les hommes veulent-ils donc se poser comme des personnages forts et surs d'eux, maîtres de leur
sexualité et de leur conquête... acceptant alors les maladresses féminines, parce qu'un homme c'est comme ça ? Encore une fois, on voit les méfaits de l'éducation au porno.
Libération sexuelle, certes.Mais on ne brise pas les chaînes d'un côté, pour en mettre de l'autre. C'est un cercle sans fin.
Et là, je m'aperçois que je n'ai absolument pas parlé de ce dont je voulais parler en ouvrant cette page, mais ce n'est pas comme si c'était grave. Je me demandais justement si je n'allais pas
faire une série sur le plaisir masculin... je tiens là ma réponse.
*** ANNONCE ***
Pour son stage de fin de licence, La Meule, mon ami à moi que j'aime, cherche un stage. Alors un stage
de marketing dans le domaine des nouvelles technologies. Où ça me demanderez-vous ! Et je m'empresse de vous répondre : ce serait sur Paris, Dijon, ou Lyon. Dans ces coins là quoi. Donc si vous avez quelque chose à me proposer, une idée, un plan, vous
pouvez vous maniferster dans les commentaires, sur ma boîte mail en haut à droite, sur FaceBook en haut à droite, ou par téléphone si vous l'avez. Merci beaucoup, c'est très important.
Libres Penseurs