Coup d'oeil, coup de coeur, coup de foudre, coup de fil, coup de pute, coup de main, coup de rein,
coup de bite... Les relations amoureuses, ce n'est qu'une histoire de coups.
N'allez pas croire que j'ai oublié que le vendredi, c'est ex. Non non non... n'allez pas croire. Comme certains me l'ont demandé je vous transmets ici une version plus actuelle et plus trash de mon
charmant Conte de Fée avec le Valet. La semaine prochaine, si vous le voulez bien, nous reviendrons sur mon histoire avec le
pompier. Merci.
Cette histoire remonte maintenant à quelques années temps, même si les moins de vingt ans peuvent la connaître parce que je suis toujours jeune et belle. Mon Namoureuse et moi-même
avions décidé de nous désaltérer un brin la glotte autour d'un Long Island bien frappé pour moi, et d'une Piña Colada bien tassé pour elle. Elle venait en effet de repérer un bar qui avait l'air
sympathique dans la Rue Mouffetard, et bien décidées à tous les essayer avant mon déménagement prévu en juin 2021. Nous nous installons donc au sous-sol qui donne un petit effet lounge et cosy à ce
bar inconnu de nous, et commençons nos conversations de haute-volée intellectuelle sur les hommes qui sont tous des salauds (sauf son mec), les cours qui sont tous ennuyeux (sauf les miens) et la
vie qui est une chienne (surtout la notre). Nous en étions là de nos cogitations avec peut-être une digression absolument involontaire de ma part sur la turlutte et la sodomie... mais je n'en suis
pas absolument sûre.
Je décide alors de jeter un coup d'oeil alentour est remarque que le serveur est fort sympathique a un joli petit cul, et, ce qui ne gâche rien,
il est aux petits soins avec nous. J'en déduis évidemment qu'il est homosexuel. Minuit sonnant, nous regagnons nos pénates avant que le carrosse ne se transforme en citrouille et que les effets de
l'alcool ne se soient dissipés. Le jeune homme me gratifie d'un "à bientôt princesse", et me conforte alors dans mon opinion stéréotypée.
Enfin bref, à ce stade de l'histoire, vous admettrez qu'il n'y a rien d'intéressant. Je décide donc de revenir me gaver de Long Island dès le lendemain, parce qu'ils ne sont pas chers, parce qu'ils
sont bons, et parce que malgré la musique pourrie l'ambiance est sympathique. Ce soir là le petit serveur est fidèle au poste, nous discutons un brin, j'ai comme qui dirait l'impression qu'il me
drague, avec plus ou moins de brio, et plus ou moins de goût. Peut-être n'est-il pas gay en fin de compte. Au moment de partir je lui laisse mon numéro de téléphone parce que c'est nettement plus
pratique de nos jours qu'une pantoufle de vair.
A peine suis-je rentrée chez moi que je reçois un texto :
"Reviens, j'ai envie de toi."
Hum. Il aurait pu y mettre un peu plus les formes, mais on ne va pas trop en demander parce que bon, il n'est que serveur, on ne peut pas lui demander de se transformer en Monsieur Darcy dès le
premier jour. Je me contente donc de répondre laconiquement :
"L'attente aiguise les sens."
Le lendemain, je reçois un nouveau message qui me demandait en substance si j'affutais toujours les lames ou si nous pouvions nous voir. Je réponds par l'affirmative et passe le voir au bar
rapidement. Etant pressée en raison d'une version latine à faire pour le lendemain, je lui propose de repasser plus tard. Ca tombe plutôt bien, j'ai rendez-vous avec une amie. Sauf que l'amie n'a
pas envie de "tenir la chandelle". Sauf que je ne délaisse jamais une amie pour un mec. Donc je n'arrive que
bien plus tard au pseudo rendez-vous, et... seule. Il m'accueille avec toute la gentillesse du monde, me demande où je souhaite m'installer, et fidèle à ma (récente) habitude je porte mon choix sur
le sous-sol. Une fois en bas... que vois-je ! plus une table, l'ensemble de la pièce a été rangée et évidemment, elle est vide. Je propose de remonter, il me dit que nenni, et me demande de
m'installer. Je m'exécute. Erreur fatale. Il remonte chercher je-ne-sais-quoi, et je me retrouve un peu niaise, dans cette salle vide, et seule. J'aurai du sentir venir le traquenard. Mais non. Je
ne l'entends pas non plus redescendre, et lorsque je m'aperçois de sa présence il a le pantalon sur les chevilles, et me regarde dans les yeux de toute sa virilité. Diantre !
Je cherche ses yeux intriguée par l'affaire. On ne s'est visiblement pas compris. J'étais vraiment là pour boire un verre ou deux, j'étais vraiment venue dans l'espoir de discuter. J'aurai du
partir, mais une fois la marchandise remballée, il a un visage nettement plus humain. Nous discutons un peu, nous embrassons beaucoup, mais encore perturbée par notre contact précédent, je me sauve
assez rapidement.
Un message m'attend un fois chez moi :
"Je suis désolé, on s'est mal compris peut-être. Quand est-ce qu'on se revoit ?"
Le lendemain j'organisais une grosse sauterie chez moi, c'était donc exclu, et je partais en vacances le surlendemain. Il attendrait. Evidemment,
le lendemain, complètement saoule de vin, de vodka et de manzana, je lui envoie un texto lui proposant de me rejoindre après le boulot. C'était sans compter sur le fait qu'il était déja trois
heures, et que le bar ouvrait pour l'after à 5h. Tant pis.
Les vacances se passent, quelques appels, quelques messages. Je rentre enfin à Paris... forte d'un rendez-vous prévu pour le soir même. A peine descendue du train, horreur et damnation... cela fait
déja 28 jours ! J'annule la soirée lui expliquant que je suis (pour mon plus grand malheur) indisposée l'espace de quelques jours. Il me dit que ce n'est pas grave, qu'on peut quand même se voir
même sans faire de cochonneries. Attendrie, j'accepte. Nous passons de très agréables moments ensembles, contents malgré tout d'avoir l'occasion de faire monter la pression... On s'entend bien. Oh
bien sur, je ne me vois pas faire ma vie avec lui, loin de là, mais un petit bout de chemin pourrait être agréable.
Pendant trois jours il vit presque chez moi, sortant uniquement pour aller au boulot et revenir se coucher à mes côtés. C'est tendre, c'est doux, c'est frais. Bref. Le troisième jour il revient en
m'annonçant qu'il avait un entretien pour le lendemain. Ni une, ni deux, en parfaite petite ménagère je lui repasse sa plus belle chemise.
Et les deux jours restant passent ainsi.
Le matin du cinquième jour, il me dit au-revoir, m'affirme sa joie et son impatience à l'idée de consommer enfin notre relation naissante. Bref. Tout va bien.
Le soir pas de nouvelles. Le lendemain, pas de nouvelles. Le surlendemain, je me rends au bar pour en avoir le coeur net, toujours en compagnie de mon Namoureuse. Il m'accueille gentiment,
m'embrasse tendrement et me glisse à l'oreille :
"Il va falloir que tu sois sage, ma femme copine est à l'étage"
Hum. Hum... hum. Je ne comprends pas vraiment mais je ne pose pas de questions, je déteste les scandales. Une demi-heure plus tard nous étions dehors, nous interrogeant, et cherchant du regard
cette trainée qui venait de me piquer mon mec. Et pour qui se prenait-il, lui qui n'a même pas eu la délicatesse de me sauter !
Cette trainée, car s'en était une, non contente d'être une connasse, était en prime une personne qui habite... l'immeuble à côté du mien. On n'était pas rendu, mais je ne les ai jamais croisés
ensemble.
La morale de cette histoire ? Les hommes sont des porcs. Surtout les serveurs.
L'épilogue de cette histoire ? Un an plus tard, alors que je n'avais plus mis les pieds dans ce fouttu bar, je me rends dans mon fief préféré entre tous à Paris, le Petit Pont. Café que je
fréquente depuis mon arrivée sur Paris, c'est dire ! Et là, qui vois-je plaçant les gens et accueillant les clients ? Mon serveur, ce salaud qui ne m'a jamais donné de nouvelles.
Je fais mine de ne pas le reconnaître, me demandant si j'allais devoir changer mes habitudes. Il me salue gentilment. Je ne changerai pas mes habitudes. De toute façon, quelques semaine plus tard
il avait disparu de la circulation... c'est le genre d'endroit où on n'a pas intérêt à fricotter avec la clientèle.
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