Mardi 27 novembre 2007

Je vous l'avais promis.



Votre So Long porte plusieurs casquettes, et quelques jours par semaine elle arbore un ravissant canotier d'universitaire. Parfaite petite étudiante, rien ne saurait pourtant l'empêcher de s'enthousiasmer, s'interroger et de se vêtir de lin et de probité candide. Avec une excitation sans pareil.  





Vous y êtes enfin, vous avez réussi à attirer son attention sur vos grandes facultés intellectuelles, vous avez vécu ce moment unique où il plonge son regard dans le votre, le temps s'est arrêté, et vous ne savez plus quoi faire. Vous êtes perdue, vous cherchez le moyen de mettre à profit cette avancée spectaculaire.


Théoriquement, c'est à chacun/chacune de faire son miel. Mais comme je vous soupçonne d'être des handicapés affectifs je veux bien vous aider. Et même que pour une fois, je vais essayer d'envisager toutes les situations possibles.



Cas numéro 1 : il a un cours juste après.

a) Probablement la chose la plus frustrante au monde. Vous pourriez avoir du temps en tête à tête, mais non, il ne sortira pas de la salle, sauf éventuellement pour faire une pause pipi café clope. Je sais, la vie est mal faite. Donc soit il sort pour faire une pause, auquel cas vous l'accompagnez et lancer la conversation par une petite plaisanterie. Bien évidemment évitez de parler de son joli petit cul, ce serait mal perçu. Mais essayez de faire une blague de juriste/philosophe/politique... Si vous avez de la chance c'est lui qui lancera la suite de la conversation. Profitez de sa pause café/clope pour prendre vous aussi un café. Cela ne sera pas considéré comme un premier rencard, faut pas déconner, on n'est pas des bêtes qui draguons un gobelet en plastique à la main... pour le romantisme on repassera.

Faites en sorte de l'intéresser, poursuivez la conversation que vous avez eu quelques temps plus tôt, lancez-le sur son sujet de thèse. Bref, soyez fine et charmante. Souriez, captez son regard, faites le fondre. Vous êtes seuls, en dehors du contexte du cours, donc il n'y a plus la barrière qu'instaure la vision panoptique du dominant. Vous voilà d'égal à égale. 



b) S'il ne prend pas de pause, pour une fois, allez lui poser une question. Toujours en rapport avec votre discussion précédente, quelque chose qui risque de prendre du temps, parce qu'il aura une conscience professionnelle suffisamment élaborée pour avoir envie de vous apporter une réponse argumentée thèse - antithèse - synthèse. Et bien sûr, l'affluence des élèves dans la classe le gênera. Proposez lui de poursuivre cette discussion par mail, vous ne voudriez pas l'empêcher de travailler. Éventuellement parlez lui d'un auteur qui dit que ci ou que ça, mais vous avez oublié son nom, mais ça ne vous dérange pas de lui envoyer la référence par mail. 

Là ce sera une relation épistolaire où vous saurez vous montrer fine. Au bout du troisième échange de mail dans la nuit, vous pouvez penser qu'il ne s'offusquera pas si vous lui proposez un café. Si le mail est un mail collectif destiné à l'ensemble des élèves, il vous répondra probablement depuis sa boîte privée. Ne vous inquiétez pas.

La suite dépendra de vous. 





Cas numéro 2 : il n'a pas de cours après, mais vous oui.

Suivez la méthode du cas numéro 1a) et faites une pause pour vous aérer. Dirigez le vers un coin tranquille où vous ne serez pas entourés de tous vos compagnons. Soyez pas con, ne séchez pas votre cours suivant juste pour être avec lui, on n'est pas encore sûr qu'il en vaille la peine.




Cas numéro 3 : vous êtes libres tous les deux.

Comme dans les situations précédentes, faites en sorte d'attirer son attention, sortez ensemble de la fac tout en discutant. Il arrivera fatalement un moment où vos chemins risquent de se séparer, où il vous demandera
Vous allez par là ? 

Indiquez lui un autre chemin, susceptible de vous arranger tous les deux, même si cela risque d'être un détour.
Petits exemples parisiens : 

La Sorbonne : Plutôt que d'aller à Cluny, allez au Luxembourg.
Assas : Plutôt que d'aller à Notre-Dame des Champs, allez à Port Royal.
Tolbiac : Plutôt que d'aller à Tolbiac, dirigez vous vers la BNF. 
Censier : bon, là j'ai pas d'idées, parce que Censier-Daubenton est déja en soit un bon choix... poussez éventuellement jusqu'à Cardinal-Lemoine.
Panthéon : Plutôt que d'aller à Cardinal-Lemoine, allez au Luxembourg en passant par la rue St Jacques.
(NDA : Vous pensez bien que ma fac n'est pas une de celle-là, donc ne me cherchez pas, même si la mienne offre également de nombreuses possibilités)
... 

Vous remarquerez le point commun de ces différentes stations. Vous le dirigez discrètement vers un endroit agréable, avec une légère connotation romantique, entouré de café sympathique qui donne tout son sens à la vie parisienne. 

Une fois devant la bouche de métro, vous ne pensez plus qu'à la sienne de bouche. Vient le moment où vous vous dîtes que tout peut basculer, très vite, sur un sourire, une étincelle, une bousculade. D'ailleurs la bousculade, voilà votre plus bel allié. Provoquez-là, maladroitement, ce malotru qui vous fonce dessus, qui vous ébranle, et manque de vous faire tomber. Bientôt vous le remercierez. Prenez la chose d'un air détaché lorsque votre cher et tendre vous demande si vous allez bien. Accusez votre étourderie, accusez cette conversation passionnante qui vous absorbe tant et si bien que vous en oubliez les règles les plus élémentaires de la vie urbaine. 

Touché par votre fragilité, ému par votre fraîcheur et séduit par votre sourire... il vous proposera soit de prendre un café pour vous remettre de vos émotions, soit de vous engouffrer dans le métro, le prendre ensemble, oui tous les deux, rien que vous deux (et les 450 autres personnes de la voiture). Et là, je vous laisse profiter de l'affluence pour opérer un rapprochement physique. 

Et la suite se fera toute seule. Comme si vous veniez de vous rencontrer, par hasard. Comme s'il n'était plus votre prof, comme si vous n'étiez plus son élève. Mais un homme et une femme, tout simplement. 




Ne me remerciez pas, je vous en prie.
La prochaine fois si vous le voulez bien, je vous parlerai des perversions sexuelles de l'étudiant en école d'ingénieur. 









par So Long publié dans : Vie étudiante communauté : Wild Bloggeuz
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