Lundi 8 octobre 2007
Comme toute princesse célibataire qui se respecte, qui cogite, et qui vibre au rythme de la sensualité trépidante de la jungle urbaine, votre So Long est pleine d'idées toutes plus discutables les unes que les autres et de théories plus ou moins foireuses.
Parmi les nombreux inconvénients de la vie de célibataire – car oui il y en a aussi – se trouve en bonne place la
question de savoir comment on peut gérer le retour à la vie sédentaire.
Souvent le problème d’une célibataire vient de ce que l’effet papillon est bien trop ancré dans son mode de fonctionnement
pour parvenir à en sortir. Comment aborder la phase de construction de ce qui s’avérera être une relation, alors que depuis plusieurs mois/années notre célibataire accomplie se complait dans des
relations de courte durée, d’une nuit, et dans tous les cas purement sexuelles quand ce n’est pas uniquement hygiénique. Car le papillon pour durable qu’il puisse être se brûle les ailes quand il
ne brûle pas son potentiel de glamour.
Certains pourraient considérer ce comportement comme le signe d’une immaturité sentimentale, et en ce qui me concerne ça a
été vrai pendant longtemps. Plus par respect pour les hommes que je rencontre que par réelle envie de papillonner, il y a quelques temps je me sentais incapable de la moindre exclusivité, du
moindre investissement avec qui que ce soit. Seulement la maturité vient avec l’âge (dieu que je me sens vieille) et l’époque où j’assumais parfaitement le fait de changer de partenaire
régulièrement – si ce n’est souvent – est bien révolue.
Le papillon replie ses ailes et veut devenir un crabe fermement ancré dans un couple où il pourra s’épanouir dans une
intimité sensuelle. Mais parfois il faut bien admettre qu’on est sorti trop longtemps des sentiers battus, que l’amazone peine à retrouver le chemin de la Cité et se perd parfois en route… au
risque de ne rester qu’une célibataire aigrie et mal baisée. Car dans ces cas là il ne reste que peu de possibilités pour notre jeune femme des temps moderne : changer de vie du tout au tout
en laissant derrière elle son stock de capotes et ses armes de guerrière ; ou alors… en réalité c’est la seule possibilité que j’entrevoie. Mais si vous en avez d’autre je suis
preneuse.
Car évidemment bien souvent les lieux de vos débauches sont aussi ceux de vos soirées, ces soirées où vous retrouviez vos
amis autour d’une bière avant de vous mettre en chasse. Inutile de dire que l’amazone pour être appréciée de ses amis n’en est pas moins considérée comme une pute et même comme une personne
fondamentalement instable… lors même qu’elle essaie de clamer haut et fort que non on ne l’y reprendra plus, que le prochain c’est le bon, que le prochain elle ne fera pas d’erreur. Les
réputations ont souvent force de loi, et elles ont la vie dure. Autant sortir de l’engrenage au risque de ne jamais obtenir ce que l’on recherche fondamentalement, au plus profond de nous :
une relation stable et équilibrée, saine et sensuelle, tendre et intime.
C’est un travail long et nécessaire, mais ô combien salutaire.
Et après ? Après les choses se compliquent. Votre passé vous rend capable malgré tout de multiplier les rencontres
avec les hommes (ou les femmes), de savoir les séduire et les amener dans votre lit. Mais justement, le lit n’est plus la finalité, et comment se contenter de séduction, comment amener une
rencontre d’un soir à vous rappeler, à souhaiter la même chose que vous. Faire tomber les barrières de la communication pour entrevoir finalement la route qui fera de vous un être honnête et
intègre… et peut-être même fidèle. C’est une transition qu’il est bien souvent difficile à aborder, difficile parce qu’elle ne correspond plus à vos habitudes, et surtout parce que tout ce que
vous pensiez savoir sur le sexe opposé s’avère complètement faux. Le sex-appeal ne vous sert plus à grand-chose, et vous êtes déjà bien trop renfermée sur vous-même pour oser vous ouvrir à
l’autre, combien même cet autre serait l’homme idéal.
Pour la première fois je lève le voile sur le drame du papillon. Incapable de redescendre sur terre il en revient toujours
à son mode de fonctionnement initial, sans forcément pouvoir s’en sortir. Et on se retrouve avec des êtres parfaits, mais célibataires. Car le problème est bien souvent dans cette incapacité à
s’ouvrir à l’autre, à communiquer ses envies réelles à celui qui pourtant pourrait très bien les satisfaire, et peut-être même ne demande qu’à les remplir.
Fuck.
Un peu de culture :
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par So Long
publié dans :
Théories foireuses
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